1984. Naissance de l'Association

ACTE DE NAISSANCE DE L'ASSOCIATION
AVRIL 1984 MME GRALL FUTURE PRESIDENTE DEVANT LA STELE
AVRIL 1984 LE CITY OF MYKONOS
AVRIL 1984 LE MEMORIAL ET LA TOMBE DE DARLAN
AVRIL 1984 LE MEMORIAL FLEURI
AVRIL 1984 Mme GRALL, L'OFFICIANT ET Mme PODER VEUVE DU LV PODER CHEF SERVICE ARTILLERIE DE LA BRETAGNE
AVRIL 1984 OMELIE
AVRIL 1984 RADE D'ORAN
AVRIL 1984 RADE DE MERS EL KEBIR
AVRIL 1984 ROBERT DINE ANCIEN DU DUNKERQUE 2ième PRESIDENT ET SON EPOUSE
GARDIEN DU CIMETIERE

 

Mme Marguerite Grall, veuve de l'Ingénieur Mécanicien de 1ère Classe du Dunkerque, Mme Marie-Yvonne Poder, veuve du Lieutenant de Vaisseau Francis Poder, chef de l'artillerie de la Bretagne, accompagnée de son fils Jean-Pierre embarquèrent le 24 avril 1984 sur le paquebot grec "Le City of Mykonos". Cette croisière pèlerinage à Mers el Kébir au départ de Toulon avait été organisée par l'Association des Anciens Marins de Selestat (Bas-Rhin), présidée par Mr Jean Riehling. C'est à bord que naquit l'esprit de l'Association. Mr Robert Diné, ancien Mécanicien, rescapé du Dunkerque et son épouse effectuaient aussi la traversée. Mr Diné sera par la suite le 2ème président de l'Association. Grâce à la détermination et à la persévérance de ces personnes décidées de poursuivre ce devoir fondamental de mémoire que l'Association fut créée le 14 septembre 1984 Un cimetière entretenu.

Depuis l'indépendance de l'Algérie, ce carré militaire fut entretenu et les familles lors de pèlerinages purent se recueillir sur les tombes jusqu'en 1993. Les troubles en Algérie amenèrent son abandon. Vers la fin des années 1990, des visiteurs firent part de dégradations.

 

25 avril 2005. La profanation

2005 CIMETIERE PARFAITEMENT ENTRETENU AVANT PROFANATION
2005 CROIX BRISEES A TERRE
2005 CROIX REMONTEES A LA HATE
2005 PROFANATION DES TOMBES.
2005 PROFANATION OSSUAIRE DE LA BRETAGNE PROFANE
2005 PROFANATION UN SCANDALE.

 

Des visiteurs découvrirent que le cimetière avait été vandalisé, souillé. Les photos prises provoquèrent une vive émotion dans les familles .Les croix avaient été martelées, les plaques de cuivre portant les noms, arrachées. L'ossuaire était à ciel ouvert, les restes piétinés et couverts de gravats dans l'espoir sas doute de rechercher un quelconque butin. Le cimetière était ouvert à tout vent. De nombreuses réactions se manifestèrent de toute part dans les médias.

 

2006-2007. Une tentative de rénovation

2005 TENTATIVE DE RENOVATION APRES PROFANATION 1
2005 TENTATIVE DE RENOVATION APRES PROFANATION
2005 TENTATIVE DE RENOVATION
2005 UNE RENOVATION BACLEE
2005 VUE DE LA TOMBE DE DARLAN
2006 VUE GENERALE
2006 CROIX REMONTEES A LA HATE APRES PROFANATION
2006 RENOVATION AVEC DES TOMBES SANS CROIX APPARENTES
2006 RENOVATION DES TOMBES
2006 RENOVATION EN COURS
2006 TRAVAUX EN COURS
2013 CIMETIERE

 

Un accord est intervenu entre les autorités françaises et algériennes pour restaurer l'ensemble des sépultures, sécuriser l'enceinte, l'accès au cimetière et enfin mettre un gardiennage en place. On a dans un premier temps, remonté les croix à la hâte avant d'entreprendre de véritables travaux sur les sépultures. Sur des photos prises en 2013, les croix anciennes bien apparentes auparavant se retrouvent gravées sur des pierres tombales allongées. Si les possibilités de se rendre au cimetière sont autorisées, l'Association milite toujours pour le retour des restes de ses marins en France. Les réponses surprenantes et dilatoires des autorités laissent aujourd'hui peu d'espoir d'obtenir une réponse favorable contrairement à ce qui fut accepté pour plusieurs milliers d'autres militaires enterrés en terre étrangère.

 

 

La profanation du cimetière militaire de Mers El Kébir

The profanation of the military cemetary at Mers-El-kébir uk

Le contexte historique

Des tombes sans croixLe cimetière surplombe la baie et le port de Mers-el-Kébir. C'est là que furent enterrées les victimes de l'attaque anglaise des 3 et 6 juillet 1940, dans des tombes individuelles rassemblées dans le carré militaire. Aux quelques centaines de corps inhumés à cet endroit, sont venus s'ajouter les restes des victimes que l'on a retrouvées lors du relevage de l'épave de la BRETAGNE en 1954 et rassemblées dans un ossuaire. L'ensemble a été complété par un monument sur lequel figuraient les noms des disparus, dominé par un mât de pavillon provenant de la BRETAGNE. Créée en 1983, l'Association des Anciens marins et familles des Victimes de Mers-el-Kébir, a dès cette époque défini dans son objet de défendre la mémoire des victimes et d'entreprendre les démarches nécessaires pour obtenir le rapatriement des restes de toutes les victimes. Depuis l'indépendance de l'Algérie, ce carré militaire a été entretenu par l'armée algérienne et les familles des victimes ont pu venir se recueillir sur les tombes jusqu'au début des années 90. A partir de cette date, la situation s'est dégradée au moment des troubles qui ont ensanglanté l'Algérie et le cimetière militaire a été laissé à l'abandon. La Profanation Plusieurs visiteurs avaient déjà fait part des dégradations constatées vers la fin des années 90. Mais en 2005, nous avons appris que le cimetière avait été littéralement vandalisé et même profané et les photos qui nou sont parvenues ont provoqué une intense émotion dans les familles des victimes, veuves ou enfants des marins disparus : Les croix avaient été martelées et brisées, les plaques de cuivre portant les noms arrachées L'ossuaire où reposent principalement les marins du cuirassé BRETAGNE était à ciel ouvert, les restes piétinés et couverts de gravats, sans doute la recherche de métaux précieux Le cimetière (civil et militaire) était ouvert à tous vents etc... De vives réactions se sont manifestées de toute part et la presse nationale et régionale a largement relayé cette information, (notamment un article du Figaro Magazine daté du mois de juin et une émission de TF1 le soir du 14 juillet 2005 ...etc).

 

Les réactions officielles

L'enterrement des victimes après l'attaque du 3 juillet
Mers-el-Kébir : le cimetière militaire en 1985

Une mission diligentée par le Ministère des Anciens Combattants, à laquelle participaient des responsables de la Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archive (DMPA), s'est rendue sur place au mois de juillet 2005. Avec l'aide des services de l'Ambassade, un contact a été pris par la délégation avec les autorités locales , ce qui a permis de négocier une intervention d'urgence afin de prendre des mesures conservatoires qui se sont malheureusement limitées à quelques tentatives maladroites de réhabilitation des tombes et à la remise en place de la dalle recouvrant l'ossuaire. Depuis le mois de juillet 2005, les autorités françaises ont envisagé deux options. La première consistait à regrouper les restes au cimetière du Petit lac à Oran. Cette première option semble avoir été écartée en septembre 2005 en faveur du maintien des tombes dans le carré militaire du cimetière de Mers-el-Kébir. Cette seconde option impliquait de passer un accord avec les autorités algériennes pour restaurer l'ensemble des sépultures, sécuriser l'enceinte et l'accès du cimetière et) mettre en place un gardiennage. Ces travaux viennent d'être réalisés, et nous ne pouvons que remercier les services du Ministère des Anciens Combattants (DMPA) qui ont mené à bien cette opération dans un contexte dont on imagine bien toute la difficulté. Cependant, si cette intervention peut rassurer à court terme, elle ne contredit en aucune façon notre position concernant le retour des restes en France : Le mot "sécurisation" illustre bien à lui tout seul un contexte dans lequel on ne peut réellement garantir la sauvegarde à moyen terme de ces sépultures. . Que vaut d'ailleurs ce principe, quand on sait qu'à une certaine époque le cimetière a bien été "gardienné.... ?" Le simple fait de remplacer les croix par des plots en béton témoigne de ce souci d'éviter tout risque de provocation et on comprend les motivations qui ont conduit à ce choix. Mais l'abandon de ce symbole est déjà perçu comme une nouvelle atteinte à la dignité de nos marins et au moins aussi difficile à supporter que les récentes dégradations. Jusqu'où irons-nous dans les concessions et les renoncements ?

 

L'attente des familles

Mers-el-Kébir : le cimetière militaire en 2005
Mers-el-Kébir : le cimetière militaire en 2005
De nombreuses familles se sont évidemment manifestées auprès de notre Association et ces multiples échanges nous ont permis de conforter la position qui a toujours été celle de l'Association, à savoir que pour garantir à moyen et long terme la dignité des sépultures de nos marins, la seule solution raisonnable et réaliste est de rapatrier les restes de ces marins dans leur pays natal. L'inutilité des nombreuses interventions que notre association a pu faire par le passé et les multiples promesses qui nous ont été faites mais qui n'ont pas empêché ces dégradations, nous confortent dans cette position. Sans méconnaître les difficultés pratiques et logistiques ni sous-estimer l'aspect diplomatique d'un tel transfert, c'est désormais la seule décision acceptable qui puisse donner satisfaction aux familles et c'est le moins que l'on puisse envisager pour compenser la douleur inutilement prolongée par cet insoutenable spectacle. Il convient de préciser que cette position rejette toute idée de polémique avec les autorités locales, mais qu'elle traduit le sentiment profond des familles qui ont déjà suffisamment souffert de la disparition d'un proche, dans les conditions douloureuses que l'on sait. Cette position de principe est également fondée sur un certain nombre d'arguments qu'il convient de rappeler : Le code des pensions militaires et des victimes de guerre (Livre IV- chapitre III) prévoit le droit à la sépulture perpétuelle pour tous les militaires français " morts pour la France ". Il faut savoir qu'à la différence des autres cimetières militaires français à l'étranger qui ont bénéficié à juste titre d'interventions régulières (conformément à la loi), celui de Mers-el-Kébir, par on ne sait quel hasard (mais est-ce bien un hasard ?) a été totalement abandonné avec les conséquences que l'on sait. L'Etat a déjà procédé à des rapatriements de militaires inhumés à l'étranger (récemment du Cambodge, de Bulgarie et même d'Italie, au prétexte que ces tombes ne présentaient pas la sécurité requise) Quelques victimes de Mers-el-Kébir ont été rapatriées en 1949 aux frais de l'Etat (cf document en annexe) : Pourquoi ce qui était possible à cette date ne le serait pas aujourd'hui ?

En 1995, les restes d'un marin inconnu inhumé à Mers-el-Kébir ont été transférés au cimetière de Kerfautras à Brest. Au moment des récents événements violents que l'Algérie a connus, les visites des familles sur les tombes ont cessé et seront d'autant plus difficiles à organiser à nouveau que le nombre de personnes âgées (et même très âgées) s'est élevé rendant impossible un tel déplacement, en supposant qu'il puisse être a nouveau envisagé pour les raisons sécuritaires que l'on sait. Ces marins sont morts en mer et n'ont aucune attache avec le lieu de leur inhumation Personne ne peut désormais garantir que de tels faits ne se reproduiront pas dans le futur.

 

Quel lieu de sépulture ?

La possibilité d'un lieu d'accueil a fait l'objet de discussions entre l'Association et la Ville de BREST qui a déjà accueilli la tombe du marin inconnu , ainsi que le monument que l'Association a érigé dans le carré militaire de Kerfautras. Il est aujourd'hui envisageable que le transfert puisse s'effectuer vers ce même espace (ou il existe encore de la place). .La question du problème d'un lieu d'accueil des restes ne peut aujourd'hui constituer un obstacle. Brest le 3 juillet 2006 : 66 ans après le drame, l'Ambassadeur de Grande-Bretagne en France est venu rendre hommage aux marins de Mers-el-Kébir en déposant une première gerbe sur la tombe du marin inconnu de Mers-el-Kébir (ci-dessus), puis devant le monument de Kerfautras (ci-dessous) dédié aux 1297 marins disparus les 3 et 6 juillet 1940. Concernant les modalités du transfert et les problèmes logistiques que cela suppose, il est important de préciser qu'il reste finalement peu de tombes de marins identifiés et que l'essentiel des restes correspond aux corps retrouvés lors du relèvement de l'épave de la BRETAGNE en 1954 et rassemblés dans l'ossuaire (et donc plus faciles à transférer). Certaines familles ont par ailleurs formulé le souhait de voir leur parent reposer dans la tombe familiale.

 

Conclusion

L'Association des Anciens Marins et Familles des Victimes de Mers-el-Kébir considère que sa revendication relève d'un réel devoir de justice à l'égard de ces marins morts pour la France et dont le sacrifice justifie que notre pays prenne les moyens pour qu'ils reposent enfin dans la paix et la dignité sur leur terre natale. Nous sommes déterminés parce que nous avons le sentiment profond que notre revendication est légitime et nous attendons des services de l'Etat et des plus hautes autorités, qu'une solution concrète soit enfin mise en oeuvre pour répondre à la longue attente des familles qui ne seront désormais rassurées que si le rapatriement est enfin décidé.

 

De 1940 à 2005, les victimes du 3 juillet reposent dans des tombes individuelles rassemblées dans le carré militaire du cimetière qui surplombe la baie et le port de Mers el Kébir.

Aux quelques centaines de corps inhumés vinrent s'ajouter aux restes des victimes retrouvés lors du renflouement de l'épave de la Bretagne entre 1952 et 1954 qui furent déposés dans un ossuaire. L'ensemble est complété par un monument sur lequel figurent les noms des victimes.